Sur les coteaux de lisle
aux confins du Fronsadais
et du Puynormand
Savignac-de-l’Isle

Franchir la rivière

samedi 13 février 2010

(Photo Yves Tilh)



Le bac "la Roudet"

Le 4 décembre 1833 a lieu à Libourne la dernière adjudication portant sur l’attribution du droit d’exploiter les passages du bac « LA ROUDET » de SAVIGNAC à SAINT DENIS.
C’est un marin galgonnais Pierre BELLOT qui obtiendra le droit d’exploiter ce passage pour un prix annuel de 2 020 francs. Il a pris pour caution, le sieur Jean ROUMAND cultivateur demeurant à PICHOT qui devra hypothéquer une partie de ses biens immobiliers.

A suivre…

Le vieux pont suspendu

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(Archives Tilh-Ferchaud) [1]


Projet

CONSTRUCTION D’UN PONT SUSPENDU ENTRE SAVIGNAC ET SAINT DENIS

"ou le résumé des péripéties du baron Zacharie Labat de Savignac le concessionnaire"

Le 11 janvier 1838 a lieu l’adjudication en vue de la construction du pont de Savignac.
Il y a cinq soumissionnaires : Berdoly, Bertin, Labat de Savignac, Chavié et Escarraguel. C’est le baron de Savignac qui en sera bénéficiaire. Il devra construire et entretenir le pont à ses frais mais percevra un péage sur les passages.
Après l’obtention de la concession, le baron de Savignac passa convention avec le sieur Anselme Eschard, maître serrurier, à Bordeaux, 58 cours Tourny ; son entreprise devant effectuer la construction de l’ouvrage.
Le contrat comprenait également la construction d’une maison pour le péagiste en amont du pont côté Savignac.
Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit Ce devait être : un bâtiment en maçonnerie, avec charpente et lambris, composé de 2 pièces dont une à cheminée ayant 200 pieds de superficie et 10 de haut.
Il devait également construire une barrière en bois à l’extrémité du pont côté Savignac.
Labat de Savignac s’engagea à payer 31 000 francs à l’entrepreneur. La somme devait être payée en 4 fois : les 2 premières durant la construction, la troisième 1 an après la fin du chantier et la quatrième 4 ans après.
Le 28 mai 1838 : réponse du secrétaire d’état à l’intérieur, Montalivet, à un courrier de Zacharie Labat de Savignac.
Le ministre lui rappelle les requêtes qu’il a formulées suite au projet de construction du pont de Girard :
- préjudice important pour lui si le pont de Girard est construit, car cela entraînera la baisse de ses revenus liés à la perception du péage.
- contestation du fait que le gouvernement autorise la construction dudit pont, au motif qu’il ne s’est pas réservé cette faculté dans le cahier des charges de la construction du pont de Savignac.
La réponse du ministre est la suivante :
- le concessionnaire connaissait le projet de Girard lors de l’adjudication pour la construction de l’ouvrage de Savignac le 11 janvier 1838,
- les autorisations sont données aux risques et périls du concessionnaire si elles apparaissent conformes aux intérêts généraux.
En conséquence il rejette la demande d’indemnisation du baron car la construction des 2 ponts serait nécessaire aux habitants de la contrée. Le baron engage un avocat à Paris en vue de déposer une requête au Conseil d’État qui rejettera également sa demande.
Le 31 août 1838 : la préfecture de la Gironde écrit à M. de Savignac.
Il doit apporter quelques modifications au projet approuvé initialement le 16 août 1838 par le ministère de l’intérieur sous certaines conditions de réserve :
- le concessionnaire doit adresser à l’Ingénieur en Chef une note technique sur le système de suspension,
- il doit veiller à respecter les normes de tracé des abords (notamment les angles des courbes),
- il doit prévoir une longrine supplémentaire sous le pont.
Le 26 novembre 1838, l’ingénieur de l’arrondissement Est M. Malaure donne rendez vous à l’entrepreneur à 9 h du matin pour piqueter le chantier.
Le 2 novembre 1838 : lettre de l’ingénieur de l’arrondissement Est à l’ingénieur en chef directeur de Silguy (des ponts et chaussées), au sujet « de la vérification des calculs du système de suspension du pont suspendu projeté sur l’Isle à Savignac. »
En 1839 : décès du constructeur M. Eschard après le début des travaux. Par contrat avec la veuve de M. Eschard, M. de Savignac accepte d’indemniser ce qui a déjà été réalisé soit 2500 francs. Le précédent contrat en vue de la construction est annulé. On ne sait qui a pris le relais.
Une lettre non datée du Conseiller d’État, Préfet de la Gironde, donne l’autorisation provisoire de passage au public, les accès n’étant pas complètement terminés. Le préfet engage le concessionnaire à le terminer au plus vite (dans les deux mois).
Le 6 août 1840 : le Conseil d’État confirme la décision du ministère de l’intérieur et rejette la demande de M. de Savignac, d’une indemnité de 25.000 francs suite au projet de construction du pont de Girard.
Fin de l’année 1840 : le sous-préfet de Libourne à M. Labat de Savignac. Il constate que le pont a résisté aux épreuves auquel il a été soumis, son ouverture au public a été autorisée mais il reste quelques ouvrages à exécuter pour mettre en état de réception les chemins de raccordement du pont avec les voies publiques qui y conduisent. Le Préfet a fait savoir qu’il souhaitait que M. de Savignac presse la confection de ces ouvrages.
Le 6 janvier 1841 : M. de Savignac protesta par l’intermédiaire d’un huissier auprès du préfet de la Gironde à cause de la construction du pont de St Denis, d’autant plus qu’il est subventionné pour un montant de 20.000 francs avant sa construction –« il pourrait être mal construit »– alors que lui n’a rien reçu pour le pont de Savignac.
Il argumente que les impôts qu’il paie pour son domaine et l’entretien du pont sont une ruine pour lui.
Tenant compte des remarques du ministre de l’intérieur lors de son intervention contre la construction du pont de Girard, il admet que l’État fait ce qu’il veut de ses fonds, mais que lui même aurait mieux mérité la subvention ! ! !
Le 15 janvier 1841 : lettre du sous-préfet au maire de Savignac : l’arrêté préfectoral du 15 janvier 1841 entérine la réception définitive du pont. Il est approuvé par courrier du 30 janvier venant du ministère de l’intérieur.
Le cautionnement est remis le 3 février par le préfet.
Le 24 février 1841 : l’avocat parisien du baron prépare une intervention auprès du duc Elie Decazes, ancien ministre de Louis XVIII, encore très influent, semble-t-il. Le but est d’obtenir une indemnisation à cause de la construction du pont de St Denis.
La suite n’est pas connue pour l’instant…

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Affiche

LE PROJET DE CONSTRUCTION D’UN PONT ENTRE SAVIGNAC ET SAINT DENIS EN 1837

Vous pouvez consulter (en cliquant sur ce lien) le site suivant référençant le pont suspendu de Savignac et exposant entre autre le principe de son invention dû à Marc SEGUIN au début du XIXme siècle.



(Archives départementales de la Gironde)


TEXTE DE L’AFFICHE
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Adjudication

PROCÈS VERBAL DE L’ADJUDICATION DU PONT

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Archives départementales de la Gironde
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Archives départementales de la Gironde
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Archives départementales de la Gironde
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Construction

MAQUETTE DU PROJET DE PONT (1838)

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Côté Savignac à gauche (Archives départementales de la Gironde)
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VÉRIFICATION DES CALCULS DU SYSTÈME DE SUSPENSION

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Histoire

PROMENADE DOMINICALE ?

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(Archives Biais-Tilh)

LES ANNÉES 60

(Archives Sapaly - années 60-70)

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(Archives Jean Paul Tilh)

Nous sommes dans les années 60, vous arrivez de Saint Denis sur votre petit vélo pour aller voir votre grand-mère à Puyrenard ; voici la vue qui s’offre à vous. Il n’y a qu’une seule voie pavée de bois sur le pont et votre charge ne doit pas dépasser 6 tonnes ! Attention aux glissades par temps pluvieux.
A la sortie, après avoir tourné à droite une courte mais dure ascension vous attend ! Vous pourrez reprendre votre souffle et vous rafraichir au bar-tabac-épicerie Dousseaux en haut de la côte avant d’aborder la descente vers Puyrenard. Vous en profiterez pour acheter en même temps un paquet de tabac gris pour le grand-père.
Dans les années 50, la vue était similaire mais vous vous seriez rafraîchi dans le virage avant le cimetière au bar-épicerie Blavignac puis vous auriez pris le paquet de gris au bureau de tabac de la Mornatte chez Norbert Grollier. Il vendait aussi des journaux et des graines pour le jardin.

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(Archives Jean Paul Tilh)

Petite anecdote :
Dans les années 1950, un agriculteur connu des plus anciens et très bien connu du rédacteur de ces lignes, dont la propriété se trouvait répartie sur Savignac et Saint Denis avait acheté pour travailler ses vignes un courageux quadrupède hybride dont on sait qu’un des ascendants a un caractère “ombrageux”.
Lorsque le sabot dudit quadrupède, c’est à dire un mulet répondant au doux nom de Coco, frappait la première traverse en bois du pont, le bruit de résonance le mettait dans la posture caractéristique de son papa, le baudet du Poitou, c’est à dire qu’il s’arc-boutait et refusait d’aller plus en avant.
Notre viticulteur devait quitter son veston et le mettre sur la tête de l’animal pour lui boucher la vue. Ensuite il le faisait tourner sur lui-même pour le désorienter et enfin le tenant par la bride, au pas de course, il l’engageait toujours aveuglé sur le pont qu’il consentait ainsi à traverser !

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(Photo Yves Tilh)
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Fin

FIN DE L’HISTOIRE

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(Archives Steeno-Risch)

Belle photo de l’Isle, du port et du vieux pont prise par la famille Steeno de Belgique vers 1975. On peut remarquer au second plan que les travaux du nouveau pont ont débuté. Qui nous dira quelles sont les contemplations et les pensées de ce pêcheur appuyé sur sa barque ?

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(Archives Biais-Tilh)
Dernier passage, avant fermeture définitive, effectué par le maire Jean BIAIS (sur l’aile du tracteur le cantonnier M. CHARRIER de la Mornatte)


A suivre…

Le pont actuel

SAVIGNAC-SUR-L’ISLE :

La construction du nouveau pont est commencée

Notre vieux pont suspendu romantique n’a plus longtemps à vivre. Construit en 1840, il a rendu d’immenses services. Hélas il ne répond plus au trafic intense qui existe dans notre région. En effet limité à 6 tonnes avec 3 mètres de chaussée seulement, il ne pouvait être emprunté que par des transports moyens. Devant cet état de choses, notre sympathique et dynamique maire Jean Biais avait fait prendre une délibération à son conseil demandant la construction d’un ouvrage sans limitation de charge. C’est, bien sûr, le département qui fut chargé d’étudier le dossier présenté par le service de l’équipement, dossier que M. Duhard, conseiller général et maire de Sablons-de-Guîtres, sut défendre avec vigueur et ténacité. Si bien que les premiers travaux ont commencé début mars.


 [2]

Les caractéristiques du nouveau pont.

Cet ouvrage sera construit à une trentaine de mètres en aval du pont actuel. Longueur totale de l’ouvrage : 81 mètres, avec deux piles en rivière en béton précontraint ; travée centrale d’une portée de 35 mètres ; largeur du pont, 9,60 m ; largeur de la chaussée, 7 mètres. Travaux confiés à l’entre-prise Fayat de Libourne, supervisés par le service des ponts et chaussées, que dirige M. Martet, ingénieur divisionnaire à Libourne. L’ensemble des travaux a été évalué à 3 millions de francs. Lundi dernier, les personnalités responsables de la construction du nouveau pont se sont retrouvées sur la rive gauche de l’Isle à l’endroit où le nouveau pont va être construit (notre photo).
Nous reconnaissons, de gauche à droite : MM. Fayat, entrepreneur ; Tricard, conducteur T.P.E. à Libourne ; Jean Biais, maire de Savignac-sur-l’Isle ; Duhard, conseiller général du canton de Guîtres ; Martet, ingénieur divisionnaire des ponts et chaussées à Libourne ; Oriol, ingénieur T.P.E. à Coutras (Il manque sur le cliché M. Ferchaud, maire de Saint-Denis-de-Pile, qui a rejoint le groupe plus tard). En second plan, le vieux pont suspendu.

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(Photos André Provost - Article Sud-Ouest - Archives Tilh-Biais)


A suivre...

[1] Sûrement une des premières photos du vieux pont. Le négatif, sur plaque de verre appartient à la famille de Yves Tilh. Il aurait pu être photographié par son grand-père Marcel Tilh avant 1890, date après laquelle les négatifs en verre ont été abandonnés ?

[2] Remarque : le passage de la rivière avant le vieux pont se faisait par un bac.
Précision : Ferdinand Arnodin a construit un grand nombre de ponts suspendus de la seconde génération (fin XIXe - début XXe siècle), et il a aussi restauré et consolidé quantité de ponts suspendus anciens à câbles de la première génération (avant 1860) : les tabliers étaient renforcés et les vieux câbles de fil de fer remplacés par des câbles d’acier à double torsion, souvent avec adjonction de haubans (modification structurelle connue sous le nom de "Système Arnodin").


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