Sur les coteaux de lisle
aux confins du Fronsadais
et du Puynormand
Savignac-de-l’Isle

Le château féodal

1er 2009





Image hébergée par Casimages.com : ch imaginaire


Image hébergée par Casimages.com : chateau vue est1


Les origines

Les origines de Savignac par l’abbé LEWDEN
M. l’abbé Lewden communique des notes historiques sur la paroisse et commune de Savignac-sur-l’lsle :
- la première mention de Savignac, dit-il, date de 1289.
- le château qui dut être construit à cette époque, appartenait alors au duc Guillaume d’Aquitaine.
- l’église actuelle, légèrement remaniée depuis, doit dater de cette époque et faisait probablement partie de l’enceinte extérieure du château. Elle avait du être bâtie, comme le château sur les restes de quelque oppidum gallo-romain desservi primitivement par une petite chapelle dédiée à St-Laurent, martyr, d’où l’origine de la fête locale qui se célèbre le 10 août, alors que le patron de l’église, qui devrait être normalement celui de la localité, est au contraire St-Félix, dont la fête se célèbre le 4 janvier...


Cette note fut rédigée entre 1920 et 1940, par celui qui fut curé de Savignac. Cela nous apprend peu de choses et en l’attente d’études éventuelles sur le site, nous ne pouvons qu’évoquer des hypothèses.
Le donjon fut construit probablement vers le XIIIe siècle, au milieu de bâtiments en bois. Le corps de logis fut élevé par la suite.
On peut émettre l’hypothèse que les bâtisses en pierres prirent la suite de constructions en bois érigées sur une motte castrale ?
Les chevaliers de la Saye pourraient être à l’origine de la construction de pierre (en particulier le donjon).


Qu'est-ce qu'une motte castrale ?

La motte castrale est un ouvrage de défense médiéval ancien, composé d’un rehaussement important de terre rapportée ou naturel de forme circulaire, la motte. Elle est souvent entourée d’un fossé rempli d’eau ou sec.
Il existe plusieurs formes d’édification de ces ouvrages : la plupart du temps le sommet (ou haute-cour) était occupé par une forte palissade. Un fortin de bois y était aménagé avec une tour de guet analogue à un donjon. Autour et en contre-bas, on trouve la basse-cour entourée d’une première palissade et parfois de fossés. Dans la basse-cour on trouve des ateliers d’artisans, une chapelle primitive, le logis du seigneur... Les habitants des alentours s’y réfugient en cas de danger. Si la menace devient trop pressante, on se réfugie sur la motte, dans le donjon et puis on rend la passerelle d’accès inutilisable par l’ennemi.
Si le donjon est sur le point d’être pris, il y a parfois un souterrain, dont la sortie cachée, débouche derrière l’ennemi.
La motte est considérée comme un château fort primitif. En Europe occidentale, au Xe siècle, l’armée carolingienne devient trop lourde pour répondre aux rapides raids vikings (normands) et sarrasins. La défense s’organise donc localement autour des mottes, rapides à construire, et qui utilisent des matériaux peu coûteux et disponibles partout.
Progressivement se distingue ainsi une élite guerrière dont la motte castrale matérialise l’autorité. Le seigneur assure la protection d’un axe commercial ou économique (souvent un village) et la motte devient l’élément fort de l’organisation spatiale de l’an mil. Elle peut servir également de résidence seigneuriale et favorise la vie économique. L’émergence du pouvoir banal sur l’ensemble du territoire au début du XIe siècle est un élément supplémentaire favorisant la généralisation des mottes qui prolifèrent entre la fin du Xe siècle et le début du XIIIe siècle selon les régions.
Le conflit d’intérêts entre les propriétaires fonciers (l’aristocratie et le clergé) et les châtelains entraîne l’émergence du mouvement de la paix de Dieu qui aboutit à redéfinir la répartition des rôles dans la société médiévale. La motte castrale est donc un élément majeur de la structuration de la féodalité dans l’Occident médiéval.
Les techniques de siège, les progrès architecturaux, l’augmentation de la taille des armées, les moyens financiers engagés qui sont plus les mêmes (d’autant que l’on assiste à une centralisation de plus en plus manifeste de l’État) font qu’une simple motte castrale en bois assure une défense de moins en moins efficace. L’évolution se fait progressivement entre le XIe et le XIIIe siècle vers le donjon carré puis rond puis le château fort en pierre, construit en plusieurs années avec des moyens financiers importants.
D’après Wikipedia : pour en savoir plus : clic-ici



Vidéo de commande réalisée pour le Conseil Général des Côtes d’Armor. Cette vidéo sera diffusée en 2010 au planétarium de Bretagne, pour lequel il existe une version 360° hémisphérique, on peut ainsi visiter virtuellement le site.
Ceci est une reconstitution d’une motte castrale -appelée à tort "Motte féodale"-, le terme "motte" vient du tertre de terre et pierres autour duquel s’organise la construction. Ce type de forteresse défensive préfigure le château-fort plus solide, en pierre avec douves et pont-levis, celle-ci était située au bord de l’Arguenon, dans la région de Pleven au lieu-dit "Les Bourgheusais". Ce travail d’infographie a été réalisé d’après des relevés topographiques exacts et soumis à la validation de spécialistes en histoire médiévale. Néanmoins, le peu de vestiges existant induit qu’ils ont travaillé sur la base de certaines hypothèses.

La motte castrale de La Clotte - 17 (près de Guîtres)

La motte de La Clotte resta quasiment ignorée des historiens de l’époque moderne. Elle fut reconnue comme telle en 2004, par Benard LAVAL, enseignant en économie rurale (dont l’aménagement du territoire) à l’université de Bordeaux IV. Aujourd’hui retraité, il se consacre à sa découverte aidé par les membres de l’association qu’il a créée : Association de Sauvegarde et de Mise en valeur du Site féodal de la Clotte. Bernard Laval a acquis une grande connaissance des mottes castrales, et c’est un passionné qui aime à partager ses connaissances.
Nous envisageons d’organiser une visite à la Clotte (pour ceux qui seraient intéressés) dans les mois qui viennent et de faire venir Bernard Laval à Savignac pour qu’il nous donne son avis sur le relief autour du château et les éventuelles indices attestant de la présence passée d’une motte féodale.

Position du site

1 = Premier fossé2 = Haute-cour3 = Passerelle
4 = « Motturote »5 = Basse-cour6 = Levée de terre
7 = Limite extérieure
(Palissade ?)


Profil présumé de la motte et de sa basse-cour (côté est)

1 = Motte2 = Donjon3 = Passerelle
4 = Enceinte5 = Résidence seigneuriale6 = Tour porche ?
D’après les croquis de Bernard LAVAL, extraits de son document "Le site féodal du bourg de la Clotte : sa motte, ses fossés, sa basse-cour". (2004)

XIXme S.


JPEG - 70.3 ko
(Extrait du vieux cadastre de 1835 : les 2 châteaux sont figurés en orange, les autres bâtiments en rouge).


Nous ne connaissons pas, à ce jour, de représentation du château avant celle de 1847, réalisée par Charles Marionneau (voir ci-dessous)
Cependant si nous consultons un plan réalisé en 1825 (voir "cartes d’hier") et surtout le vieux cadastre, levé en 1835, nous constatons que le vieux château et le petit château semblaient réunis par des bâtiments aujourd’hui disparus. Ces bâtiments semblaient relier le donjon à l’aile accolée à la tour du petit château qui est d’ailleurs dans leur exact prolongement.
Ont-ils été démolis au moment des travaux réalisés sur le vieux château vers 1850 ? Quelle importance avaient-ils ?
Les bâtiments accolés au château féodal, à l’opposé du petit château, figurent sur un croquis de Marionneau. Ils ont disparu eux aussi quelques années plus tard sur la planche de Léo Drouyn.
En complément, le décryptage de l’inventaire après décès (vers 1750) de M. de Savignac le Mémorialiste, nous fournira peut-être quelques lumières ainsi que des traces éventuelles sur le donjon ?
On distingue une pièce d’eau contre un bâtiment : est-ce le vivier cité dans le mémorial ?


AVANT SA RESTAURATION (Dessins de Charles MARIONNEAU 1847)
Image hébergée par Casimages.com : CH2 Image hébergée par Casimages.com : CH1

LE CHÂTEAU AU XIXme SIECLE (Dessins de Léo Drouyn )

Image hébergée par Casimages.com : CH3

Cette image correspond à une gravure à l’eau forte (1864) réalisée par Léo DROUYN pour son ouvrage : " La Guienne militaire ".
On constate que le château a été restauré. C’est l’architecte GRELET qui a officié.

A cette époque le baron est Zacharie-Foy-Hyacinte-Servidie de Labat promoteur de la construction du pont suspendu. Il semble que son fils Oscar de Labat de Savignac (dernier du nom) a suivi de près la restauration.
C’est sa soeur Alix qui héritera du château et épousera le comte Raymond d’Armagnac de Castanet.
Le plan du château de Savignac paraît être une réduction de celui de La Brède. C’est un dodécagone irrégulier, dont l’un des côtés est occupé par une grosse tour ronde.

Image hébergée par Casimages.com : CH4

Il me paraît évident, commente Léo Drouyne, que primitivement, ce n’était qu’une motte, sur laquelle on a bâti le château actuel au commencement du XVe siècle. Cette motte ainsi qu’on le voit par le plan d’ensemble fait en partie avec ce qui existe et en partie avec les indications que m’a données, sur les lieux même M. Oscar de Savignac, était enveloppée d’un fossé circulaire qui se reliait par deux canaux à un autre fossé enveloppant une grande enceinte à peu près carrée, au centre de laquelle s’élevait le château. Dans la même enceinte, on a bâti, au XVIIe siècle un autre petit château. Il reste encore, au nord ouest, une bonne partie de ce grand fossé. Le château est à peu près rond. Ses murs, dont presque tous les angles sont garnis de contre-forts surmontés d’échauguettes [1] rondes [2] coiffées de toitures pointues, ont 1m 40 d’épaisseur, ceux du donjon ont 2 mètres. Ils enveloppaient primitivement une seule salle, au milieu de laquelle était un pilier carré en pierre destiné à soutenir le milieu de la toiture. Cette salle ne devait être éclairée que par des meurtrières. Le premier étage ne se composait aussi très probablement que d’une seule pièce, puis venait le chemin de ronde crénelé et supporté par de simples corbeaux. Le premier étage était éclairé par des fenêtres géminées et subtrilobées.

Image hébergée par Casimages.com : CH5

Des portes et des grandes fenêtres ogivales modernes ont partout remplacé les anciennes ouvertures. Le donjon a été également métamorphosé. Il ne reste guère des anciennes ouvertures que deux petits oculus quadrilobés éclairant une ancienne cage de latrines.Ces deux grandes chambres superposées étaient fort incommodes ; aussi, M. le baron de Savignac, voulant habiter son château, y a fait faire de grandes réparations, il y a une quinzaine d’années. Un architecte, M. Grelet, a admirablement distribué le rez-de-chaussée ; il a trouvé moyen de faire, dans une enceinte aussi irrégulière que possible, des pièces régulières et suffisamment spacieuses : A est le vestibule et la salle de billard, B le salon de compagnie, C la salle à manger, D la cuisine. Le reste est occupé par l’office, la souillarde, la dépense, des cabinets et des placards, enfin, par un escalier. Le château de Savignac, un des plus petits de la Gironde, est un de ceux qui a le plus d’aspect.

(Extrait de la Guienne militaire de Léo Drouyn)


Image hébergée par Casimages.com : CH6

Ce dessin montre le château vu depuis l’ouest. La bâtisse du XIVe siècle se dresse au second plan.
Au premier plan, à gauche, on voit la tour et le corps de logis du petit château édifié au XVIIe siècle, à proximité de la bâtisse du XIVe.
Entre les deux bâtiments, une femme s’avance sur le chemin, vêtue d’un grand châle et portant un panier.

Savignac d’après un croquis de M.J. de Verneilh (22 x 31 cm) XI - 164

Image hébergée par Casimages.com :CH7

L’autre dessin présente cette fois-ci le château depuis le nord, encadré par les frondaisons de grands arbres, donnant un aspect bucolique à la scène, impression renforcée par la présence d’un homme semblant rêver, assis sur un banc. La représentation de l’architecture est fidèle, à l’exception d’une fenêtre du rez-de-chaussée de la grosse tour ici manquante, peut-être cachée par les buissons. À droite, à travers les feuillages, est esquissé le château du XVIIe siècle.

Savignac dessin au crayon sur calque jaune sans doute d’après un croquis de Jules de Verneilh (21 x 34 cm) XI – 165

XXme S.

CARTES POSTALES DU DEBUT DU XXme SIECLE

Image hébergée par Casimages.com : CH8


Image hébergée par Casimages.com : CH9
(Quelques erreurs dans le texte)


Image hébergée par Casimages.com : CH10



Image hébergée par Casimages.com : CH11

Image hébergée par Casimages.com : CH12

Vieux objets

OBJETS AYANT APPARTENU AU CHÀTEAU DE SAVIGNAC


Image hébergée par Casimages.com : CH13
Vase peint par Marie Thérèse, petite fille de M. de Savignac (l’auteur du Mémorial). On y voit le château de Savignac et les armes des Labat.
Image hébergée par Casimages.com : CH14
Porte monnaie aux armes des Labat de Savignac


Image hébergée par Casimages.com : CH15

Couleuvrine datant du début du XVIIIe siècle et équipant le château de Savignac. Joseph de Labat en possédait plus de vingt. Il les nommait ses "pétards" et les faisait tirer lors de fêtes ou de célébrations.
Laissons parler M. de Savignac [3]

- Du mercredy 15 octobre 1710 - À sept heures du matin, on a fait une décharge de mes couleuvrines et pétards et le tambour a battu pour solemniser la fête de sainte Thérèse, qui est celle de ma mère ; le carillon a aussi sonné à la messe et aux angélus, dès hier soir. On a fait une autre décharge de mon artillerie à l’élévation du Saint sacrement de la messe que nous avons ouïe.

- Du dimanche 23 juillet 1713 - À 9 h. 1/2 du matin, la cloche de l’église ayant sonné pendant une grande demi-heure, pour le dernier coup de la messe, mes cousins et moy sommes arrivés sur le pas de la porte de l’église (pour y entendre la messe)...
Sur les 3 heures de l’après- midy, le sieur Coglan, procureur fiscal et capitaine de la compaignie de milice de Savignac, s’est rendu à la teste de la susdite compaignie de 50 beaux hommes, au-devant du château. Ils avoient tous des chapeaux bordés de lie blanche, en guise de galon d’argent et et des cocardes de papier blanc ; après leur avoir fait faire l’exercice, il les a conduits se mettre en haie depuis le Parquet et auditoire de la présente juridiction jusques à l’église où je me suis rendu avec mes cousins dans mon banc...
À la fin des vespres, on a chanté le Te Deum, à la fin duquel j’ai crié un « Vive le Roy ! » auquel le peuple a répondu par le mesme cri, au bruit des deux tambours et du fifre de la compaignie de Savignac et d’une décharge de mousquetterie de ladite compaignie, à laquelle a répondu une décharge de 25 pièces de canon que j’avois fait ranger sur une mesme ligne devant les fenestres du château, vis à vis Libourne, au-delà des douves, sur une terrasse élevée avec des chevrons surchargés de terre de la longueur de 60 pieds et de 9 pieds de large ; au derrière de cette terrasse et sur les bords des douves, immédiatement, j’avois fait dresser 6 pilastres [4] de verdure de front qui tenoient toute la longueur de la terrasse et ces pilastres estoient surmontés de cinq double festons de verdure qui alloient d’un pilastre à l’autre et d’où pendoient une cinquantaine de petites lanternes, de sorte pourtant que, du château, on voyait par-dessous ces lanternes la batterie de canons ; lesdits pilastres pouvoient avoir 7 pieds de hauteur par dessus la terrasse.
Quand la compaignie eut fait l’exercice, je fis lâcher deux fontaines de vin dans le sol du château, l’une, d’une demi-barrique de vin, pour les soldats de ladite compaignie et autres bons paysans, et l’autre, d’une barrique de vin, posée près de la grange, à la teste de deux longues tables, assises sur les barriques et dont chacune estoit couverte de nappes, elles traversoient l’une et l’autre presque tout le sol et aboutissoient près du pont du château.
On mit sur lesdites tables, pour les pauvres, du pain que j’avois fait faire de trois boisseaux de méture [5] et trois brebis cuites ; quand lesdits pauvres eurent soupé, tous les honnestes gens se rangèrent aux fenestres du château et sur le petit rampart, et le sieur Constantin ayant fait ranger dans le pré qui est sous lesdites fenestres, sa compaignie sur une mesme ligne qui faisoit face au château et au derrière d’un feu de joie que j’avois fait dresser au milieu dudit pré, Mr le Juge, à la teste des officiers de la juridiction, précédé du sergent portant un flambeau de cire blanche, du poids de quatre livres, allumé, se rendit vers les 6 h 1/2 dans le pré, où le peuple, qui estoit accouru des paroisses voisines, se rangea, et après que ledit sieur juge et les autresofficiers eurent fait les deux ou trois tours autour du bûcher, qui estoit de 7 pieds de haut en carré et de 3 de large, il y mit le feu au bruit des tambours, du fifre, de trois décharges de mousquetterie et pareil nombre de décharges d’artillerie ; et quand ils furent rentrés au château le peuple forma des danses dans le pré et dans le sol du château avec des cris réitérés de : « Vive le Roy ! ».
On se mit à table à 7 h 1/2 et j’avois fait prier de rester à souper tous ceux qui pouvoient avoir quelque apparence, de sorte que nous estions quatorze à table, savoir : mes deux cousins [6], les sieurs curé, Coglan, Barbot, vicaire des Billaux ; le juge, le procureur-fiscal, le greffier, Chiron, Largeteau, Rochet, Saincric, Bourcaut et moy. Je portois d’abord la santé du Roy et de la reine Anne, qui fut bue debout et chapeau bas, par tous à la fois, au bruit des tambours et d’une salve entière du canon. Après cela, pendant le souper, qui estoit beau et illuminé avec des bougies, je bus à la santé de chacun en particulier et, à chaque santé que je portois, on tiroit cinq coups de canons et on battoit du tambour.
Pendant le souper, on illumina toutes les fenestres du château et la batterie de canons, tout le long de la terrasse, ce qui faisoit un fort bel effet par la réverbération de l’eau dont les douves estoient pleines ; on sortit de table à 11 heures et on fut voir les illuminations tant du clocher que du Parquet, qui estoient jolies, puis on descendit au port où le sieur Constantin avoient illuminé ; le canon ne cessa de tirer, tout autant que durèrent les illuminations du château et cela dura jusques à 2 heures après minuit que chacun s’alla coucher, très-content de la feste que j’avois faite à mes dépens.

On notera l’absence à cette fête de Mme la baronne de Savignac [7] restée à Bordeaux.

- Voici sa vision des fêtes à Savignac, quelques années auparavant, alors qu’elle n’était que fiancée et se morfondait à Quinsac en bordure de Garonne :
« Je suis persuadée que tous les jeus et les ris t’ont suivi à Savignac. Il n’en est, du moins, resté pas un dans ce pays cy. Tout le monde y est triste et l’on ne parle point de se resjouir. Je dois te dire, mon cher, que si tu as bu à ma santé, j’ai aussi bu à la tienne, cinq ou six fois de bon cœur. A la vérité, ce n’estoit pas au bruit de l’artillerie, ni des trompettes. L’on ne connoît point ces instruments de guerre dans ces paisibles lieux. Les violons et les musettes sont les seuls qui s’y font entendre quelquefois, et mesme est-ce fort rare, de quoi je suis très affligée, car depuis que j’y suis, je n’ai dansé qu’une fois [8]… »

Vins du château

AU TEMPS DU MARQUIS BONIFACE DE CASTELLANE ESPARRON

Image hébergée par Casimages.com : CH16
Image hébergée par Casimages.com : CH17


Le Féret (année 1890 ?)

Le Domaine du château de Savignac a une contenance de près de 150 ha. C’est un des plus vaste domaine de l’arrondissement de Libourne. Son vignoble parfaitement situé est complanté en Merlot, Malbec et Cabernet. Cultivé avec les soins les plus parfaits, il produit 100 à 125 tonneaux d’un vin rouge très recherché pour sa belle couleur, sa finesse, son bouquet, sa bonne tenue.

Image hébergée par Casimages.com : CH18

La vinification est faite au château de Savignac selon toutes les règles de la science moderne, avec des soins minutieux, des cuviers et chais tenus d’une façon irréprochable et où l’on trouve des vins de cru en barriques ou en bouteilles de toute les dernières années jusqu’à et y compris 1887. Une partie des vins de ce cru est vinifié en blanc et sa champagnisation a donné des résultats excellents.

XXIme S.

AUJOURD’HUI

Beaucoup de questions restent en suspens sur les origines et les aménagements du château (surtout les plus anciens).
Francine GUIONNIE [9] note que le château est à la limite de l’imposant duché de Fronsac (englobant Coutras) qui deviendra propriété des Richelieu et de la seigneurie de Puynormand qui fit partie de la vicomté de Castillon et était propriété des Albret.
La dernière carte de la page de ce lien, représente ces 2 entités de l’ancien régime.
Il avait donc un position de verrou, dominant la vallée de l’Isle appartenant au seigneur voisin, et également une partie de celle de la Dordogne.
Elle pense qu’il devait y avoir des fortifications, peut-être en bois, entre le château et la rivière pour se protéger de l’arrivée d’éventuels ennemis.

Image hébergée par Casimages.com : chasteau1 09

Image hébergée par Casimages.com : casteau2 09
Image hébergée par Casimages.com : vchasteau3 09t
(Photos Michel Fontarnou)

[1] L’échauguette désignait, du XIVe au XVIe siècle, la sentinelle. Actuellement, le terme désigne la petite construction destinée à abriter, dans un château fort, le veilleur surveillant le pays sur un large horizon.

[2] En fait il y a une échauguette de forme carrée reposant sur des corbeaux. Le corbeau est un élément saillant d’un mur, en architecture. Il permet de soutenir une poutre en structure intérieure ou une corniche ou autre avant-corps en structure extérieure. Son nom vient de l’animal qui se perche en haut de mur. Il est généralement intégré dans le mur pendant la construction (rarement rapporté par fixation) et consiste en une seule pierre.

[3] Mémorial Général de Mr de Savignac - Ed.1931, p211

[4] Pilier adossé à un mur ou engagé dans celui-ci

[5] Pain de maïs, semble-t-il, dans le Sud-Ouest

[6] de Spens d’Estignols de Lancre de Saint Macaire

[7] Demoiselle Angélique de Fénelon

[8] Courrier adressé à son fiancé le baron Joseph de Labat de Savignac

[9] habite St Denis de Pile. Passionnée d’histoire locale, elle fut enseignante en histoire-géographie au lycée Max Linder. Elle anime l’association historique "Au fil du temps" de St-Denis-de-Pile.


Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 169124

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site LE PATRIMOINE   ?

Site réalisé avec SPIP 2.0.8 + AHUNTSIC

Creative Commons License