Sur les coteaux de lisle
aux confins du Fronsadais
et du Puynormand
Savignac-de-l’Isle

Les seigneurs et le mémorial de M. de Savignac

dimanche 7 février 2010









Les seigneurs



Vous pouvez consulter l’arbre généalogique des seigneurs de Savignac
sur GENEANET, en cliquant sur ce lien : il est composé de 791 personnes

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Du Moyen Age à nos jours

PREMIERE LIGNÉE
- de SAYE : jusqu’au XVme siècle
- de LESCOURS de SAVIGNAC : jusqu’au XVIIme siècle
SECONDE LIGNEE
- de LABAT de SAVIGNAC : jusqu’au XIXme siècle
- d’ARMAGNAC de CASTANET : XIXme siècle
- de CASTELLANE d’ESPARRON : XIX - XXme siècle
- de JESSE LEVAS : XX - XXIme siècle

de Saye

Les chevaliers de SAYE : jusqu’au XVme siècle

Pendant tout le moyen-âge on trouve trace des sieurs de Savignac. Or il y avait, en Guienne, plusieurs Savignac, dont une importante seigneurie en Bazadais.
Meller, dans son Armorial du bordelais, indique « de la Saye seigneurs de Savignac sur l’lsle, famille d’origine chevaleresque ». On trouve en effet dans le cartulaire de fondation de la Commanderie de Pomerol des dons de terre faits au XIIe siècle par les chevaliers Aychard et Bernard de Sellas.
Au XIIIe siècle on voit Arnaud de Seilas et sa dame Orgolose donner aux Hospitaliers leur alleu de Saint-Denis (palus de Breuil).

Dans le même document, on trouve un Hel de Saia.
En 1290, dans l’état des hommages dus au Seigneur de Vayres, à côté de noms de seigneurs de cette époque, on trouve Ramon de Saya. En 1360, dans les livres de l’Archevêché, pour le Fonsadais, on trouve le seigneur Aycard de Saya, chevalier, pour les dîmes qu’il a à Savignac et pour un maine qu’il possède près du cimetière. Le même pour l’intendance (preposetura) des dîmes de Savignac. Idem en 1307.
On trouve que le 25 juillet 1363, un Arnaud de Faya, seigneur de Savignac qui, en compagnie du seigneur de Monbadon, vint dans le palais de l’Archevêque de Bordeaux rendre hommage au représentant du prince de Galles. Le fait que ledit seigneur de Savignac soit accompagné de celui de Monbadon suffit à nous assurer qu’il s’agit bien de Savignac-sur-l’lsle. A cette époque Savignac relevait du Duché de Fronsac.
En 1399, de nouveau un Aycard de Saya (époux de Catherine de Pellagrue) seigneur de Savignac.
En 1428, Guilhem de Saya, donzet, senhor de Salvinhac.
En 1447, dame Catherine de la Saya, veuve dame de Salvinhac.
Les sieurs de la Saye ont donc possédé la terre de Savignac-sur-l’lsle, sans interruption du XIIe au XVe siècle.
Il est dit quelque part, dans l’Histoire de Pomerol ( de J. A. GARDE) que les seigneurs de Savignac pouvaient tirer leur nom de celui du ruisseau la Saye. Simple hypothèse, mais lorsqu’on a admis que les seigneurs de Barbane tirent leur nom du ruisseau la Barbane ou Varvane cette hypothèse semble à retenir. A ce sujet en 1363 le seigneur Savignac est appelé Arnaud de Faya. Or, en 1250 le ruisseau la Saye est appelé lui aussi Faya.
Dans la charte de fondation des Commanderies de Lalande et de Pomerol on lit « Sachent tous, présents et futurs que R. Arnaut de Seilas a donné au Seigneur et à l’Hôpital de Jérusalem, la moitié de sa propriété (alleu) de Saint-Denis pour le salut de son âme et celle de ses parents… ».Les fiefs donnés aux Hospitaliers, dans le territoire de la paroisse de Saint-Denis-de-Pile, par le seigneur de Savignac, forment un ensemble situé dans la palus de Breuil.
Il suffit de consulter la carte d’état-major pour trouver ce nom sur la rive gauche de l’lsle. La description des dits fiefs les situe entre la route qui relie Libourne au Port de Savignac et la rivière l’lsle, laquelle séparait la paroisse de Saint Denis de Pile de la seigneurie de Savignac en Fronsadois.
D’après Jean André GARDE  [1]

Quelle est l’origine de cette famille ? A partir de quelle date a-elle "possédé" Salvinhac en Fronsadois ? Difficile de le dire à ce jour.
En 1288 le vicomte Guillaume Amanieu II de Fronsac (suzerain des seigneurs de Savignac et vassal du roi d’Angleterre) fait son testament : on trouve parmi ses exécuteurs testamentaires Gérald de Saye (chevalier) et Guillaume Amanieu de Saye.  [2]
On trouve un Brun de Saye, originaire du fronsadais, vers 1275 qui fut nommé prêvot de Barsac et maire de Bordeaux par le roi-duc Édouard Ier.
Il y eu semble-t-il des de Saye en Poitou, mais surtout en Normandie et en Angleterre parmi les compagnons de Guillaume le Conquérant au XIème siècle. Étaient-ils apparentés à ceux du Fronsadais ?
Rappelons trois dates pour lier les de Saye à l’histoire de France.
En 1154 l’Aquitaine devient anglaise après le mariage d’Aliénor d’Aquitaine. En 1337 débute la guerre de 100 ans qui se terminera en 1453 : c’est à ce moment là que les seigneurs de Savignac changent de nom après le mariage de Catherine de Saye.
On peut imaginer qu’ils pourraient être à l’origine de la construction de la partie la plus ancienne du château : la tour (XIIIe - XIVe siècle) qui aurait servi de poste d’observation vers la vallée de la Dordogne notamment durant la guerre de 100 ans ?


de Lescours

de LESCOURS de SAVIGNAC : jusqu’au XVIIme siècle
Armes  : parti au I d’azur à 5 cotices d’or ; au 2 d’argent à 3 écots de simple, 2 et 1.
Devise  : Regi suo semper fidelis.
Photo  : le château de Lescours à Saint Sulpice de Faleyrens, berceau de la famille du même nom.

Cette famille de Lescours qui a essaimé en Limousin et dans l’élection de Saintes semble bien originaire du Libournais. Simon des Coustures dans le Nobiliaire de la généralité de Limoges donne Pierre de Lescours en 1250.
Raymond marié avec Agnès de Fronsac, puis Hélie de Lescours en 1291. C’est ce dernier qui donna son nom à une terre située sur la Dordogne, près de Saint-Emilion, auparavant appelée Villeneuve.
Edouard III, roi d’Angleterre, duc de Guyenne, l’autorisa à bâtir une maison forte connue, depuis sous le nom de château de Lescours (Westminster, 27 janvier 1341).


Photo du château de Lescours tirée du site : "merlove.blogspot.com"


- Catherine de SAYE épouse Hélie de LESCOURS de Saint Sulpice de Faleyrens vers 1404,
- Pierre de LESCOURS marié à Marguerite de Lur,
- Pierre de LESCOURS marié à Catherine de Clermont

- Jean de LESCOURS marié à Jeanne de Gain fille du seigneur d’Oradour sur Glane puis à Catherine de Boisse
Le haut et puissant Jean de Lescours, baron de SAVIGNAC EN FRONSADOIS, seigneur d’ORADOUR SUR GLAINÉ, gentilhomme ordinaire de la Maison du Roy, demeurait au château de Savignac, sénéchaussée de Guyenne.

Protestant, il est député de la noblesse de la sénéchaussée de Bordeaux. Avec son frère Mathieu se sont des guerroyeurs surement sans pitié dans une époque où notre campagne fut dévastée par les guerres de religions. On trouve même un écrit qui précise que l’église de Savignac était quasiment abandonnée et envahie par l’herbe.
Jean Pierre SAIGNAC qui a étudié de près la famille de Lescours parle presque de "bandits" : les deux frères Jean et Matthieu auraient éliminé physiquement leur frère Bernard ? Jean de Lescours est connu notamment par l’arrêt du Parlement de Bordeaux du 6 avril 1569, le condamnant à mort ainsi que 75 protestants notables. L’arrêt stipule aussi « le château de Savignac doit être razé et démoli jusqu’aux fondements ».

Condamnation par contumace, et le baron de Savignac ne s’en porta pas plus mal, il allait bientôt le démontrer par une course vers Libourne avec quatre-vingts chevaux que d’Aubigny narre ainsi : « ll deffit, en Fronsadais, deux compagnies qui se levaient pour le régiment de Masbrun, puis fut chargé, la nuit, dans un village nommé le Soldat, tant par ce régiment et la garnison du pays que par les compagnies des gens d’armes de Lauzun et de Vaillac. De ces quatre-vingts ne se sauvèrent que cinq, savoir trois capitaines, un soldat et leur chef Savignac était tellement paralytique des jambes jusques en bas, qu’il n’avait touché du pied à terre il y avait dix ans ; mais son cœur le portait à chercher en tel état, toute occasion de combattre, et c’est ce que nous avons senti de plus digne de l’histoire et de la grandeur du combat ».

Courriers adressés par HENRY III à Jean de LESCOURS :

« Monsieur Delescours, j’ay commandé au Baron de Savignac  [3]qu’en me revenant trouver il retyrast de vous un cheval que votre père me gardoyt et que j’ay sçu que m’avés toujours bien conservé ; je vous prie donc le mettre entre ses mayns car je le veus fère dresser pour m’en servir, assurés vous aussi de ma bonne volonté en votre endroyt, laquelle je vous feré paroître en toutes les occasions où je pourray fére quelque chose pour vous, m.’assurant que ne faudrés a ce que dessus. Je ne vous dyré autre chose, synon que je seré a jamays
Votre byen efectyonné et assuré amy,
Signé : Henry.
La Rochelle, le 28 juillet 1573 ? »


« Monsieur Delescours, je vous pris incontinent après la présente reçue, aller trouver le sieur de Sainte-Terre et fère ensorte qu’il délivre et mette en liberté sans payer aucune rançon, les paysans qu’il détient prisonniers qui sont de la paroisse de Villegouge en Fronsadais, dont je lui escris, qui sont Pierre Bodet, Thony Feuvier et Pierre Sourin, attendu la prière que Monsieur m’en a faite et qu’il ne s’excuse point sur ce qu’ils sont prisonniers pour la contribution, voulant qu’il les délivre à peine de désaveu, ce que je vous prie lui bien faire entendre et fère ensorte qu’ils soient mis en pleine liberté sans payer aucune chose ; je vous eusse envoyé un de mes gardes pour vous le fère entendre et au Sr. de Sainte-Terre, n’eut été la difficulté des chemins et aussi que je m’assure que vous ferés bien ensorte que ma volonté sera entièrement suivie, et sur cette assurance, je prieray Dieu vous avoir, Monsieur Delescours en sa sainte et digne garde.
De Sourax , ce Xlle jour de décembre 1580.
Votre bien bon et assuré amy,
Signé : Henry. »


Jean demeura assez longtemps à la tête de la baronnie de Savignac et possédait encore en 1582 et 1584 les deux-tiers du château de Montiau à Moulon (l’autre tiers appartenant à Geoffre Arnoul). Le rapprochement de ces deux dates avec une date donnée par Montaigne dans son livre de raison, celle du 4 avril 1591, nous laisse supposer que ce fier combattant a eu une fin digne de sa vie. Voici ce qu’a écrit l’illustre philosophe.
Ce 4 avril 1589 « décéda au château de Turenne le baron de Savignac, d’une harquebusade à la teste, qu’il avoit reçu quatre jours auparavant au siège de la maison du Pechié ; mon parant et ami, singulièrement familier de céans, duquel la seur estoit nourrie par ma fame... »
Il y avait eu, en effet, une alliance entre les deux familles. Geoffroy de La Chassaigne, grand-père de Françoise, femme de Montaigne, ayant épousé en première noce Catherine de Lescours.

- François de LESCOURS marié à Louise de Laroche puis Suzanne de Cossé-Brisac

- Isaac de LESCOURS marié à Marie d’Escodeca de Boisse,

Le 27 octobre 1602, Henry IV, pour liquider les dettes du roi de Navarre, vendit à plusieurs la châtellenie de Puynormand. A cette occasion, il favorisa ses amis. Saint-Denis-de-Pile et son annexe St-Georges-de-Guestres (Les Billaux), furent adjugées à Isaac de Lescours, baron de Savignac et d’Oradour, gentilhomme ordinaire de la maison du roi. Nous avons vu que tous les Savignac du XVIe siècle furent de fidèles serviteurs du roi de Navarre. Un Etat des gentilshommes désigne le sieur de Savignac comme gentilhomme de la Chambre pour servir par quartier en 1585.
Lorsque le roi de Navarre fut reçu à Montaigne, le 19 décembre 1584, il était accompagné de nombreux chefs de guerre parmi lesquels on relève « le sieur de Savignac ». Le 30 avril 1618 il se rendit en la ville du Mas d’Agennais pour rendre hommage au roi de Navarre pour la seigneurie de Saint-Denis-de-Pile.
A court d’argent, et ne pouvant payer au baron de Parcoul, son beau-frère, la somme de 5 000 livres qu’il lui redevait sur la dot de sa sœur, feue dame de Parcoul, Isaac de Lescours vendit le 8 novembre 1628 à M. de Martin, baron de Laubardemont, la terre de Saint-Denis-de-Pile ainsi que son annexe pour la somme de 12 400 livres. Le 29 avril 1625, Isaac de Lescours rendit hommage au cardinal de Richelieu, duc de Fronsac.
Isaac fut lieutenant des gendarmes de la compagnie du maréchal de Schomberg.

Courrier du roi Henri IV au baron Isaac de Lescours de Savignac

Monsieur de Savignac, ayant résolu d’aller en personne par delà sur les avis que j’ay eus des mauvais desseins et intentions de quelques uns qui si sont découvertes, afin d’y nommer l’ordre qui y sera requis et y faisant présentement acheminer devant mon cousin le duc d’Espernon avec quelques forces pour y préparer toutes choses en attendant mon arrivée qui sera dans peu de jours après lui, j’ay bien voulu cependant vous faire ceste cy, pour vous ordonner de vous rendre près de mondit cousin au premier mandement, qu’il vous fera et attendre de luy ce qu’il vous proposera pour mon service, dont vous le croirés et l’assisterés de tout votre pouvoir, à quoy étant bien asseuré que vous ne voudrez manque, je ne vous ferai pas cette cy plus longue que pour prier Dieu, Monsieur de Savignac, vous avoir en sa sainte garde.
Escrit à Fontainebleau le seize jour de juillet mil six cent cinq.
Henry


- François de LESCOURS marié à Marie Thérèse d’Allemagne

- François de LESCOURS marié à Marie de Calvimont fille du baron des Tours de Montagne.
Ils décédèrent avant 1687, laissant à leur survivance une fille Marie-Thérèse d’Oradour de Lescours, alors mineure et placée sous la tutelle de son grand-père Léon de Calvimont, baron des Tours de Montagne.
François de Lescours avait des dettes et la seigneurie de Savignac avait été déjà saisie le 31 août 1638 , saisie non suivie d’effet. Léon de Calvimont administrait au mieux les biens de sa pupille et il avait affermé le domaine 8.600 livres dont il versait le revenu aux créanciers.
Mais si la baronnie de Savignac avait été saisie, elle allait l’être de nouveau, avec avis de mise en vente du 18 septembre 1686, saisie faite aux mains de M. Léon de Calvimont, tuteur de Marie-Thérèse de Lescours d’Oradour, le fut sur requête de « Messire Jacques Léon de Lavergne, seigneur vicomte de Guilheragues ».
Choses saisies :
« C’est à savoir la terre seigneurie de Savignac en Fronsadais, appartenances, dépendances d’icelle consistant en château, jardin, vergers, maisons, granges, appens, étables, parc, bois de haute futaie, garenne, terres labourables et non labourables, prés, vignes, aubarèdes et devoirs seigneuriaux avec la justice haute, moyenne et basse, péage, passage qui est sur la rivière de l’lsle, ensemble les deux métairies qui (en) dépendent, l’une appelée Mondonnet et l’autre Puireguard (Puyrenard ?), comme aussi la terre labourable, bois, pré, qui sont situés en la palus proche et joignait le dit port appelé le Breuil qui se confronte d’une part à ladite rivière de 1’Isle, d’autre à ladite palus renfermée de fossés, plus toutes les prairies appartenant audit seigneur de Savignac situées dans la palus... ».
Une affiche annonçant la saisie prévue avait été posée le 26 juillet 1686 à l’entrée de l’allée principale du château ainsi qu’à la porte de l’église.

Marie Thérèse de Lescours de Savignac fut ainsi la dernière de la lignée.
La branche de Lescours d’Oradour (sur Glane) atteignit le XIXème siècle et fut même élevée au rang de Marquis.

À suivre...

Le Mémorial

PREMIERE PAGE DU MÉMORIAL DE M. DE SAVIGNAC

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“Ceste année 1708, il y eu très peu de bleds ou pour mieux dire presque point et esgalement du vin, lequel se trouvoit merveilleux, et celui d’Haut-Brion s’est vendu 500 livres et celuy du Blayois 120 livres. Cet automne, Mme Voysin, femme de Mr Voysin, conseiller à la cour des Aydes est morte.
Ce 8 novembre 1708 - M.de la Tresne, le chevalier d’honneur, a espousé Mlle Giac, âgée de 17 à 18 ans ou en environ. Elle est fille du sieur Giac, greffier de l’Amirauté, et elle apporte 10.000 livres de dot.
M. Lecomte, frère du sieur de la Tresne, n’a pas voulu signer les articles, d’autant mieux que M. de la Tresne n’avoit pas pas voulu signer les siens lorsqu’il espousa Mlle de Laborde, fille d’un riche marchand de Bayonne, il y a quatre ans environ, laquelle luy apporta 50.000 escus...”

C’est ainsi que débute, le 8 novembre 1708, le Mémorial de M. de Savignac. Il le terminera le 4 juin 1720.
Il comporte 3 000 feuillets et sera conservé par la branche cadette : les Labat de Monclairon (de Quinsac) jusqu’au Marquis de Lard de Régoulière (de Tizac de Lapouyade) qui le transmis au milieu du XXème siècle aux archives départementales de la Gironde.


MÉMORIAL GÉNÉRAL DE M. DE SAVIGNAC (publication de 1931)

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Le texte de cette publication fut réalisée par un membre des bibliophiles de Guyenne : François Meaudre de Lapouyade.
La seconde partie ne fut jamais publiée, les brouillons résultant du décryptage de la suite du Mémorial sont conservés aux archives municipales de Bordeaux.

VIVRE EN BORDELAIS AU TEMPS DE LABAT DE SAVIGNAC
(Mémoire de maîtrise 1998)

Labat de Savignac ressuscité
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Le général Roux remet à la récipiendaire une médaille
de Montesquieu (Photo Fabien Cottereau)
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Élue prix du jeune chercheur de l’Académie Montesquieu, pour un mémoire de maîtrise intitulé « Vivre en bordelais au temps de Labat de Savignac »* (363 pages plus 231 d’annexes). Caroline Le Mao a été honorée et récompensée d’un chèque de 1 500 francs que lui a remis le professeur Philippe Loupès (université de Bordeaux 3).Ce dernier, avec Michel Figeac, maître de conférence à Bordeaux 3, a piloté cette brillante étudiante en histoire dans ses recherches dans le même temps qu’elle préparait le CAPES et l’agrégation.
C’est dire que Caroline Le Mao n’a pas ménagé sa peine, se plongeant pendant un an dans les quelques 3 000 pages du manuscrit laissé par cet ancien conseiller au Parlement de Bordeaux, et passant d’innombrables heures aux archives départementales pour tirer le meilleur parti de l’œuvre et de la vie du seigneur en ses terres sa carrière de parlementaire, puis l’homme privé, père de treize enfants, ce qui a donné à l’auteur l’occasion d’un passionnant tableau des mœurs, us et coutumes de l’époque.
(Extrait du journal Sud-Ouest – 1998)
* Joseph François Ignace de Labat, baron de Savignac en Fronsadois, dont la juridiction s’étendait également sur les paroisses de Bonzac et Galgon en partie.

MÉMORIAL DE SAVIGNAC (publication 2004)


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Certains êtres vivent de leur curiosité au point d’en devenir une eux-mêmes. Joseph-François-Ignace de Labat de Savignac est de ceux-là. Baron de la terre de Savignac, conseiller au Parlement de Bordeaux de 1705 à 1737, ce personnage laisse un témoignage de près de trois mille pages manuscrites sur la fin du règne de Louis XIV et de la Régence à Bordeaux et en Aquitaine.
Des vignes de sa baronnie aux soirées mondaines de la cité bordelaise, des villageois aux magistrats de la cour parlementaire en passant par les domestiques, du petit univers familial à la naissance des grands princes, des misères de l’hiver 1709 aux réjouissances de la paix d’Utrecht, rien n’échappe à cet homme curieux de tout.
Longtemps utilisé comme une intarissable source d’exemples et de citations pour qui souhaitait donner corps à une réflexion, fournissant par ailleurs des clefs d’explication introuvables dans les documents officiels habituellement utilisés par les historiens, le Mémorial devient aujourd’hui un objet d’étude en soi, considéré dans sa globalité.
Le manuscrit n’avait cependant jusqu’alors pas fait l’objet d’une édition complète. C’est pourquoi nous proposons aujourd’hui une publication intégrale de ce magnifique document qui s’inscrit parfaitement dans le corpus des chroniques de la vie bordelaise autant que dans celui des écrits du for privé.
A lire d’urgence !

Un avis : rares sont les témoignages et les récits de vie qui sont parvenus jusqu’à nous… cela suffit à en souligner l’intérêt et l’inestimable valeur. Le 12 novembre 1708, le baron Joseph François Ignace Labat de Savignac entame la rédaction d’un document exceptionnel qui, sur près de 3000 pages, nous expose le minutieux déroulement d’une vie bordelaise. On y découvre notamment le rythme des travaux et des jours, la couleur du temps, le contexte historique, la vie familiale, la sociabilité, le vécu religieux, les humeurs, les joies et les peines d’un homme de son temps… Sous sa plume, le monde de nos ancêtres se dévoile et s’anime enfin avec une acuité rarement atteinte.Ouvrage publié avec le concours du Conseil Général de la Gironde, de la Mairie de Bordeaux, du Centre Aquitain d’Histoire Moderne et Contemporaine, du GDR 2649 - Les écrits du for privé.
Ce livre a reçu le prix Louis Desgraves de l’Académie de Bordeaux.
Thierry Sabot, avril 2005.


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L’auteur : Caroline LE MAO


Fonction : Maître de conférences en histoire moderne, UFR Histoire - Université Michel de Montaigne Bordeaux 3.
Cursus universitaire :
- Maîtrise : 1998
- CAPES d’histoire-géographie : 1999
- Agrégation d’histoire : 2000
- DEA d’histoire : 2001
- Doctorat d’histoire : 2005, Université Bordeaux III – Michel de Montaigne - « D’une Régence à l’autre : le Parlement de Bordeaux et ses magistrats au temps de Louis XIV (1643-1723)"
Principaux thèmes de recherches :
- Histoire du XVIIe siècle,
- Histoire des élites, étude prosopographique,
- Histoire des cours souveraines
La photo ci-jointe a été prise lors d’une conférence : “Prince des Vignes, Prince du Palais, Monsieur de Savignac et ses collègues du Parlement [4] à l’aube des Lumières”. à l’Académie des vins de Bordeaux.
Vous pouvez en retrouver le texte intégral en cliquant sur le lien suivant : Conférence de C. Le MAO

Derniers ouvrages de Caroline LE MAO :

Parlement et parlementaires, Bordeaux au grand siècle / Louis XIV face au Parlement de Bordeaux.
Issue d’une thèse, cette étude porte sur les relations entre le pouvoir royal et les parlements et cours de justice de province en France sous le règne de Louis XIV. Elle analyse, dans le contexte de renforcement de la monarchie absolue au XVIIe siècle, le rôle et l’action des magistrats du Parlement de Bordeaux qui constituent alors les maîtres de la ville. Parlementaires et parlement C. LE MAO

Ville rebelle, ville insoumise, Bordeaux fait figure, au XVIIe siècle, de pôle de résistance face à l’autorité royale sans cesse grandissante. Lorsque le jeune Louis XIV se présente aux abords de la cité en 1650, il trouve portes closes pendant près de deux mois… La capitale de Guyenne joue alors l’un des plus beaux et des plus tragiques épisodes de son histoire : la Fronde. Deuxième foyer de rébellion après Paris, la cité est le refuge du parti des princes. Mais c’est oublier que le soulèvement fut initié par ceux qui sont alors les maîtres de la ville : les magistrats du parlement.
Arnaud de Pontac, Bernard de Pichon, Lecomte de Latresne… Au sein de la cité, tout dit la présence et la puissance de ces hommes, des hautes tourelles du palais de l’Ombrière aux majestueuses façades du cours du Chapeau Rouge, du gibet de la place aux distributions d’aumônes, des chapelles funéraires à la procession de la Fête-Dieu… La compagnie, forte d’une centaine de magistrats, domine alors la ville, presque sans partage. La jurade, comme les autres institutions de la cité, se soumet à son autorité. Même le gouverneur de la province, le célèbre d’Epernon, aussi bien que les intendants savent que l’on ne peut braver impunément le parlement de Bordeaux. Mais cette aura peut-elle se maintenir au temps du triomphe de l’absolutisme royal ? Durant ce règne qui fut celui d’une supposée reprise en main des cours souveraines, comment réagit l’un des parlements les plus indociles du royaume ? D’une régence à l’autre, de 1643 à 1723, Bordeaux ne cesse donc d’être au cœur des préoccupations royales et le souverain garde toujours un œil sur cette cité rebelle, sur ces magistrats gascons volontiers sujets aux mouvements d’humeur. Qu’éclate la révolte du papier timbré, et c’est un exil de quinze ans qui s’abat sur toute la compagnie. Aussi, l’histoire du parlement de Bordeaux durant la seconde moitié du xviie siècle fournit-elle une clé d’analyse de la marche à l’absolutisme. Loin des déclarations péremptoires d’un Colbert ou d’un souverain soucieux d’édifier son successeur, cet ouvrage propose un regard complémentaire, sinon contradictoire, d’une réalité habituellement perçue depuis Paris. On y découvrira que le pouvoir royal use de méthodes beaucoup moins radicales qu’on ne l’a souvent cru. Le pragmatisme monarchique est fait de négociations, de retours en arrière… On compose, on évite l’affrontement direct en se ménageant relais et soutiens au sein du groupe. On comprendra surtout que l’opposition n’est que l’un des aspects de la relation roi-parlement et que ce n’en est pas le mode majeur. Rouage indispensable de la monarchie, le parlement et ses hommes sont avant tout des juges et se conçoivent d’abord comme des fidèles serviteurs du roi.

Les fortunes de Thémis : vie des magistrats du Parlement de Bordeaux au Grand Siècle

Fortunes de Thémis de C. LE MAO
Auteur : Caroline Le Mao
Éditeur : Fédération historique du Sud-Ouest, Pessac (Gironde)
Paru le : 30 Mai 2006
Publication de la troisième partie de la thèse d’histoire de l’auteur soutenue en 2005, cet ouvrage s’intéresse aux fondements de la puissance personnelle des magistrats et de leur influence au temps de Louis XIV à travers l’étude des différentes facettes de la vie des magistrats du Parlement de Bordeaux au XVIIe siècle.

Caroline LE MAO, dans une correspondance récente nous signale elle-même la parution de "Les fortunes de Thémis" [5].
C’est la « vie des magistrats du parlement de Bordeaux au temps de Louis XIV, livre qui a reçu le prix d’histoire des sociétés européennes-ville de Bordeaux.
Il présente surtout l’intérêt de parler du château de Savignac, car le livre narre la vie quotidienne, la gestion des terres, des biens de la ville et de la campagne desdits parlementaires. Elle rajoute : « bonne continuation dans la réalisation de votre site » sur Savignac bien sûr.
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Ouvrage à paraitre de Caroline Le Mao : Le sceptre et la balance. Louis XIV face au Parlement de Bordeaux.
En cliquant sur ce lien, vous accèderez à un site de la ville de Bordeaux consacré à Aliénor d’Aquitaine, avec une animation sur le palais de l’Ombrière aujourd’hui disparu. Ce palais ducal devint par la suite le siège du parlement de Bordeaux durant l’ancien régime.
Pour visionner cette animation vous devez avoir installé le logiciel Quicktime (un lien direct existe depuis le site d’Aliénor).

Analyse du Mémorial

Rappel de l’onglet précédent
Élue prix du jeune chercheur de l’Académie Montesquieu, pour un mémoire de maîtrise intitulé « Vivre en bordelais au temps de Labat de Savignac » (363 pages plus 231 d’annexes). Caroline Le Mao a été honorée et récompensée d’un chèque de 1 500 francs que lui a remis le professeur Philippe Loupès (université de Bordeaux 3). Ce dernier, avec Michel Figeac, maître de conférence à Bordeaux 3, a piloté cette brillante étudiante en histoire dans ses recherches dans le même temps qu’elle préparait le CAPES et l’agrégation.
C’est dire que Caroline Le Mao n’a pas ménagé sa peine, se plongeant pendant un an dans les quelques 3 000 pages du manuscrit laissé par cet ancien conseiller au Parlement de Bordeaux, et passant d’innombrables heures aux archives départementales pour tirer le meilleur parti de l’œuvre et de la vie du seigneur en ses terres sa carrière de parlementaire, puis l’homme privé, père de treize enfants, ce qui a donné à l’auteur l’occasion d’un passionnant tableau des mœurs, us et coutumes de l’époque .
(Extrait du journal Sud-Ouest – 1998)

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Caroline LE MAO

Vivre en bordelais

au temps de Labat de Savignac

(1708 - 1720)

Mémoire de maitrise
Université de Bordeaux III
Sous la direction de Philippe Loupès
En collaboration avec Michel Figeac
MCMXCVIII

Avec la sympathique autorisation de l’auteur, la publication se fera progressivement avec la possibilité de tirer une version papier pour ceux qui ne possèdent pas Internet. Ce mémoire comporte 3 parties plus les annexes.

PARTIE I : Un seigneur en ses terres, Mr le baron de Savignac
Au fil de la chronique, il apparaît clairement que Labat de Savignac se définit avant tout comme un propriétaire. Il nous a donc paru indispensable de « camper » en premier lieu ce décor campagnard, situé essentiellement dans la paroisse de Savignac, en ce qui concerne Joseph François Ignace. A quoi ressemble ce domaine ? Quelle utilisation fait-on des terres ? Savignac est-il selon l’expression de Paul Butel et Jean-Pierre Poussou, un « seigneur des vignes » ? Le domaine de Savignac correspond-il au modèle très répandu de polyculture ? Outre cet aspect en grande partie économique, l’étude du château en tant que lieu traditionnel de la sociabilité campagnarde se révèle aussi très fructueuse, nous permettant d’aborder dans un premier temps les questions de transport qui, à notre époque, peuvent paraître anecdotiques, mais qui se révèlent pour notre mémorialiste particulièrement cruciales, à chaque déplacement ; puis, et ce sera le pont central de cette partie, l’étude du cadre de vie d’un noble en sa campagne. Château fastueux, richement décoré, ou rustique villégiature de campagne ? Se pose enfin la question de voir évoluer notre mémorialiste dans ce cadre qui est le sien. Protecteur zélé ou despote tyrannique ? De plus, comment maintenir l’autorité, alors que M. de Savignac est absent dix mois par an ?
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PARTIE II : Mr de Savignac, conseiller au parlement de Guyenne
Mais pendant ces dix mois passés à Bordeaux, le seigneur de Savignac se transforme alors en « M. le conseiller au Parlement de Guyenne ». Ce sera le second volet de notre étude. Nous entrons alors avec lui dans le microcosme parlementaire, découvrant tour à tour futurs parlementaires en quête de charge, jeunes loups aux « dents longues » défendant avec rage leurs préséances, et patriarches chevronnés, rompus aux traditions du palais, dominant de véritables dynasties parlementaires, au mépris des dispositions légales. Savignac lève aussi le voile sur le labeur quotidien des parlementaires : hommes de dossiers, à la fois avocats et gestionnaires, mais aussi personnages publics se devant d’assister aux processions et aux cérémonies. Notre auteur se livre ici à des descriptions enlevées de son milieu, se posant ici en chroniqueur mondain ; il n’en est pas moins soucieux des débats qui font rage à la chambre, à une heure où le Parlement se doit chaque jour de défendre sa position face à la puissance d’une bourgeoisie montante, qui s’incarne notamment dans la Jurade, face, de même, à des « ennemis » de longue date tels que la Cour des Aides, l’Archevêque ou l’Intendant. Outre ces instances bordelaises, le principal interlocuteur du Parlement est bien sûr Sa Majesté. Là encore, Savignac se montre prolixe et nous permet une analyse de la situation à travers le regard des parlementaires bordelais.

PARTIE III : la vision d’un mémorialiste sur la société de son temps
Enfin, et ce sera le dernier volet de notre triptyque, nous esquisserons une peinture de la société bordelaise dans ce qu’elle a de plus quotidien, de plus humain, de plus vivant. Savignac nous conte les trois temps forts de l’existence : la naissance, de la grossesse à l’enfance ; le mariage, où président à la fois stratégie et sentiments, mais un mariage servant aussi de paravent à une existence plus libertine ; la mort, qu’il nous décrit avec émotion, respect (ou férocité...) quand il s’agit d’un proche ou d’un confrère, voire avec une minutie quasi médicale lorsque le cas est d’exception. La chronique se montre tout aussi prolixe quant au mode de vie, et plus particulièrement celui de la noblesse, puisqu’il s’agit de son propre milieu. Ainsi nous décrit-il le mobilier qu’il achète, mais aussi et je dirais même surtout la table, valeur centrale de l’époque : notre gourmet nous fait le compte de ce qu’il reçoit de son domaine, de ce qu’il déguste au quotidien : pâtés, tourtes et autres « pots d’oyes... » De même nous décrit-il les vêtements... Autant de codes de la vie nobiliaire, qui s’incarne de même dans un goût commun pour certains loisirs, tels les bals, que Savignac court, le masque sur le nez et les dés à la main. Notre mémorialiste développe aussi des intérêts plus « nobles », cultivant un goût certain pour la musique et les Belles-Lettres, nous éclairant ainsi sur les formes de la sociabilité bordelaise. De plus, il nous est aussi possible d’aborder la question religieuse sous un nouveau jour, en étudiant certes les démonstrations « extérieures » de la foi, mais surtout en adoptant une vision plus intimiste du sentiment religieux. Savignac se révèle ici habile peintre de la noblesse bordelaise, mais il ne reste pas pour autant muet sur les autres strates de la société. Le monde des marchands l’intéresse, une classe au statut ambivalent ; il en va de même pour les domestiques et pour les pauvres, envers lesquels la noblesse adopte une position ambiguë. Enfin et ce sera notre dernier point, Savignac nous permet de reconstituer un tableau de Bordeaux au quotidien, aussi bien dans ses aspects urbanistiques, climatiques que policiers ou festifs ; notre mémorialiste lève aussi le voile sur l’opinion publique bordelaise, sur ce qui la fascine, la soulève et l’agite.

Anecdotes

LA VALSE DES VALETS !

Extrait du Mémorial de M. de Savignac :
Du 17 avril 1709 : … j’ai renvoyé le nommé Parisien mon laquais, parce qu’il n’a pas voulu porter par la rue ce que je lui avois commandé. C’est un glorieux et qui n’est jamais assidu, du reste. Il écrit assez bien et il m’a transcrit des registres du parlement 90 pages. Je luy ay promis un liard par page pour l’exciter à travailler…
Du 25 janvier 1711 : Les valets de céans ont fait un houvary très grand, à la réserve du laquais de ma mère, s’en estant tous allés au cabaret boire jusqu’à 3h ½, quoique j’eusse dit aux miens que j’avois besoin d’eux de bonne heure, de sorte qu’il m’a fallu prendre des porteurs de place pour sortir. Ils se plaignent que le vin qu’on leur donne est gasté.
Du 29 janvier 1711 : J’ay renvoyé Ducasse, mon laquais, parce que dimanche passé il estoit un de ceux qui firent les mutins à la cuisine.
Du 30 janvier 1711 : J’ai renvoyé le laquais Mathieu Cocuo, dit Lamothe, que j’avois pris hier, parce qu’il avait la gale.
Du 3 novembre 1712 : J’ay esté de la part de ma mère, à Caudéran, pour en chasser Jean Lafon, dit Poulet, et toute sa famille, qui estoit valet depuis plus de 40 ans dans notre maison de Caudéran et qui y avoit fait différentes friponneries…
Du 11 juin 1715 : … J’ai renvoyé mon laquais Laborie parce qu’il était toujours ivrogne achevé.
Du 17 juin 1715 : Mon épouse a renvoyé la nommée Lavalle, fille d’enfants, qui était laide et sotte et très mauvais sujet.
Du mercredi 3 juillet 1715 : … ma femme a donné congé à sa femme de chambre Vignonne qui, malgré les obligations qu’elle nous avait ainsi qu’il paraît sur son compte, n’avait aucune affection et été continuellement oisive, livrée à tout ce que voulaient les autres valets à notre désavantage et avec beaucoup de sottise et d’imbécilité, entêtée dans sa beauté.
Du samedi 6 juillet 1715 : j’ai renvoyé notre cuisinier La Chapelle, que nous n’avions que depuis 3 à 4 jours, parce que il n’était pas cuisinier mais plutôt un empoisonneur.
Du mardi 26 octobre 1715 : j’ai renvoyé mon laquais nommé Maleret, à cause de ses brutalités.
Du lundi 18 novembre 1715 : …Mon épouse a renvoyé la femme de chambre nommée Catho, qui toutes ces vacances, avec son air benoît, avait pris la peine d’être de bonne intelligence avec Beurier le cuisinier que nous avons.
Du lundi 9 décembre 1715 : la fille d’enfants que mon épouse avait arrêtée avant hier, s’en est allée aujourd’hui, dont je ne sais pas seulement le nom. C’était une grande fainéante.
Du mardi 11 février 1716 : j’ai renvoyé mon laquais Moreau et j’ai pris en sa place le nommé Bion, laquais de ma femme.
Du mercredi 12 février 1716 : mon épouse, sans aucun sujet et malgré mon avis, a renvoyé la nommée Fanchon, fille de nos enfants…
Du mardi 17 mars 1716 : j’ai renvoyé mon cocher Parisien, que je soupçonnais de n’être pas des plus fidèles…
Du mardi 14 avril 1716 : Yquem, mon cuisinier, s’en est allé sans m’avertir de son départ … Il a emporté je ne sais combien d’argent à tous les marchands qui nous servaient, dont il gardait l’argent au lieu de les payer…
Du mercredi 15 avril 1716 : j’ai chassé Bion, mon laquais…
Du samedi 17 avril 1716 : mon épouse a renvoyé basque, son valet.
Du vendredi 24 avril 1716 : …Mon épouse a renvoyé Saintonge son laquais.
Du lundi 27 avril 1716 : j’ai renvoyé Laroche, mon cocher, et Clerveau mon laquais qui hier soir ne s’étaient point trouvés à l’heure du souper.
Du mardi 12 mai 1716 : … J’ai renvoyé mon (nouveau) laquais nommé Lasalle, qui ne voulait pas aider à serrer dans ma salle quelques pièces de vin.
Du lundi 22 juin 1716 : mon épouse a renvoyé Marianne, sa femme de chambre, qui était une étourdie.
Du samedi 5 septembre 1716 : j’ai renvoyé mon laquais nommé Bayonnais…
Du mercredi 23 décembre 1716 : j’ai renvoyé Lafontaine, mon cuisinier, pour quelques insolences qu’il avait dites à mon épouse, et pour sa trop grande dépense en la cuisine, tant en bois qu’autres choses.
Du vendredi 5 février 1717 : j’ai renvoyé mon cocher nommé Louis qui s’enivrait et avait pourri son lit y urinant d’ivresse chaque nuit. Il faisait aussi mille querelles d’allemands.
(À suivre...)

QUELLE ÉPOQUE !

Extrait du Mémorial de M. de Savignac :
Du mardy 1 aoust 1713 : J’ay fait commencer à charroyer de la terre pour faire une terrasse, sous les fenestres du chasteau, dans la Muscadière, par les petits pauvres qui venoient à la porte ; je les nourris et les fais travailler ; la plupart ont mieux aimé rester sans rien faire que de travailler et d’estre nourris.
Du 10 may 1709 : M. le Maréchal m’a dit hier qu’il ne trouvoit rien de si insolent que les pauvres lorsqu’on leur refuse l’aumosne ; on leur disoit : « je n’en ay pas », ils ne manquoient pas de vous répondre : « Dieu vous y maintienne », ou : « Je prie Dieu qu’il vous conserve comme vous estes », le tout d’un ton dolent comme s’ils n’y entendoient finesse.
Du 28 mars 1709 : En visitant les églises, j’ay trouvé aux Cordeliers Mlles Denis et de Paty la jeune, qui y questoient, auxquelles je n’ai rien donné quoyqu’elles m’aient fort persécuté.
Nota : que j’ay été assez heureux pour éviter les deux bandes de questeuses qui courent la ville et pour les Irlandois et pour les orphelines.


INTERDIT AUX MOINS DE 19 - 20 ANS

Extrait du Mémorial de M. de Savignac :
Du jeudi 22 juin 1719 : Le sieur Pinault, fils du conseiller à la Cour des Aides, âgé d’environ 19 à 20 ans, voulant avoir commerce avec une jeune fille, s’était adressé à une vieille putain de 45 à 50 ans, qui loge près des Récollets, laquelle se faisait connaître en attendant qu’elle lui lâchât la jeune et cela depuis 10 à 12 jours, il s’en trouvait un peu incommodé et se plaignait de la colique. Enfin, samedi soir après souper, il retourna chez cette duègne, qui se fit connaître cinq fois par lui, et lui promit que dimanche matin, qui était le lendemain, il jouirait de la jeune fille. Elle tint effectivement parole, et il la connut deux fois, mais se sentant épuisé, il se vint coucher sans dire quel était son mal. Les médecins le firent saigner deux fois, il fut purgé et on lui donna des lavements ainsi que du sirop du sieur Roche sous prétexte de la colique, tous remèdes propres à le tuer dans un pareil épuisement ; enfin hier matin il découvrit la cause de son mal à un de ses (?) il n’y avait plus de remèdes, tant à cause de sa faiblesse qu’à cause de l’inflammation qu’il avait dans le bas ventre, qui, lui ayant gagné le cœur, l’a tué. Il doit être enseveli demain aux Cordeliers.

COUPS DE BÂTON

Extrait du Mémorial de M. de Savignac :
Du dimanche 24 septembre 1713 : M. Richard, archiprestre de Bonzac qui avoit coutume de voir les soeurs du sieur Croustillas (de Recougne), lequel sieur Croustillas, ayant trouvé mauvaises ces fréquentes visites, luy avait donné quelques coups de baton, il y a déjà quelques années, rencontra hier ledit sieur archiprestre, qui revenoit de voir ses soeurs et luy déchargea une quinzaine de coups de baton, dont ledit sieur archiprestre a donné sa plainte devant mon juge ; il estoit pourtant à cheval lorsqu’il reçut cette salve.
Du mardi 26 septembre 1713 : Le sieur archiprestre de Bonzac m’est venu voir et m’a fait un long détail de l’affaire qu’il eut avec le sieur Croustillas, qu’il traite d’assassin ; …

LES TEMPS SONT DURS !


Monsieur,
Comme il n’y a point d’argent pour payer les pasteurs, je me trouve un peu gêné par cette raison je vous prierai donc de me fournir pour quelque temps les objets dont j’aurai besoin, je ne vous ferai pas attendre longtemps, car je n’aime pas à devoir ; au reste j’ai de la récolte à vendre, en attendant la nation viendra peut être plus riche. Ayez donc la complaisance de m’envoyer par mon valet
une bouteille huile fine
un pain savon
deux livres chandelles de suif
un demi quart poivre
une morue sèche qui soit bonne autrement je n’en veux point
Je compte sur vos bontés et vous prie de me croire votre très humble serviteur

Constantin curé de Savignac (fin XVIIIme siècle : Archives départementales de la Gironde)

UN PEU D’HUMOUR !


Inédit extrait du Mémorial de M. de Savignac :
Du 26 avril 1709 – On m’a dit que le chevalier Mongiron ami de Mr le maréchal (de Montrevel, lieutenant général du roi pour la Guyenne) était un de ces jours à Vignegaronne, maison de plaisance (près de Bordeaux) dudit sieur maréchal où il y avait quantité de dames dont il y en eu quelques unes qui eurent certaines nécessités et comme les lieux communs sont sur un fossé où il y a beaucoup d’eau et qu’ils sont assez près de l’eau, il passa de l’autre côté du fossé et avec des cailloux, il tachait de faire jaillir l’eau pour les mouiller, mais ayant appuyé son pied sur une masse de terre, qui s’éboula, il tomba dans ledit fossé et comme il était dans la vase et dans l’eau jusqu’au col, ne sachant comment s’en retirer, car plus il faisait d’efforts, plus il s’enfonçait, il fut en se débattant se mettre sous la route desdits lieux, en sorte que lui tombait dessus la tête et sur le museau. Il sortit pourtant de là et se mit dans une robe de chambre de Mr le maréchal pour pouvoir se changer. Les dames eurent le plaisir de le voir ainsi et de le bien railler de la malice qu’il voulait leur faire.

Extrait publié dans “Chroniques du Bordelais au crépuscule du Grand Siècle - Le Mémorial de Savignac” de Caroline Le Mao :
Du 1er mars 1709 - On m’a dit qu’un curé de campagne voulant faire un prône, l’avait commencé ainsi : “Mes chers auditeurs, j’ai résolu de vous parler en ce prône-ci de trois choses. La première est ce que j’entends et ce que vous n’entendez pas, la seconde de ce que vous entendez et que je n’entends point, et la troisième, de ce que ni vous ni moi n’entendons. La première, que vous n’entendez point et que j’entends, c’est de me payer la dîme justement, ce que vous ne faites pas et que j’entends que vous fassiez, la seconde, que vous entendez et que je n’entends point, c’est que vous voulez que je renvoie ma jeune gouvernante Marion, ce que je ne veux pas faire, et la troisième, que nous n’entendons ni vous ni moi, c’est l’évangile de ce jour, dont pourtant il nous faut parler.”

Introduction : Mémorial de 1931


OÙ IL EST QUESTION NOTAMMENT DE LA JEUNESSE DE JOSEPH DE LABAT



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Mémorial Général de M. de Savignac (1931)

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"Savignac et ses barons"


SAVIGNAC ET SES BARONS
de Jean-André GARDE




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Jean-André GARDE
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[1] Jean André GARDE (Savignac et ses barons : R. H. A. L. de 1960)
Né à Pomerol, historien et viticulteur à Sauvêtre commune de Saint Denis de Pile.
Secrétaire général de la Société Historique et Archéologique de Libourne.
Membre de la Société Archéologique de Bordeaux, de la Société Préhistorique de France et lauréat de l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Bordeaux.

[2] Cf. : Le duché de Fronsac du général SOULÉ.

[3] On peut penser qu’il s’agit du baron de Savignac en Bazadais

[4] N’oublions pas que 3 générations des barons Labat de Savignac ont siégé au Parlement de Bordeaux

[5] Déesse de la Justice, de la Loi et de l’Équité, Thémis assiste Zeus dans l’Olympe. Elle est souvent représentée dans l’art ancien tenant les plateaux d’une balance avec laquelle elle pèse les arguments des parties adverses. Les parlementaires de l’ancien régime s’occupaient eux aussi de la justice et de faire appliquer la loi.


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